Je voudrais commencer par un message d'avertissement : Ne me prenez surtout pas comme exemple les piercings et
autres choses que j'ai faites à l'époque, je les regrette parfois. J'ai eu de la chance de ne pas avoir de
problèmes, comme par exemple, je n'ai pas eu d'infection suite aux piercings. Mais, je dis bien, j'ai eu de la
chance ! Je ne suis pas un exemple à suivre !
D'abord, je voudrais présenter ma famille, et surtout mes parents, ils sont tellement caricaturaux qu'on pourrait
croire que j'affabule complètement. Peut-être que j'accentue certains traits de caractère mais je ne le pense pas.
On va commencer par ma mère : catholique hyper pratiquante mais c'est un mélange de la Ste Vierge, de tous les
martyres chrétiens morts dans les arènes romaines et le tout saupoudré d'une bonne dose de voyeurisme malsain et
sexuel. Oui, elle a l'impression d'avoir donné naissance à des petits sains (moi y compris malgré ma révolte),
elle se pose toujours en martyre (je souffre pour vous, pour ceci pour cela) et question voyeurisme, je reviendrai
sur le sujet. Quant à mon père : un seul de ses actes vous permettra de comprendre ce qu'il est. Sa manie :
mettre partout, au dessus de chaque porte de la maison, une croix avec du buis béni. Il parait même qu'il l'a fait
dans son bureau au travail, ses collègues doivent se foutre de sa poire ! Alors que mes parents gagnaient pas mal
d'argent, je leur reproche aussi leurs cadeaux exceptionnels : pour bien apprécier les valeurs de noël (un livre
sur la vie de Jésus, à 15 ans, c'est pas mal). Mais on devait aussi mesurer les valeurs de Noël pour nos
anniversaires.... Cela n'est rien, c'est juste la cerise sur le gâteau !
Donc, si on revient à l'ensemble de ma famille, ma mère a l'impression d'avoir fondé la famille catholique
parfaite, un modèle parfait de bonheur ! Comme ils étaient parfaits, ils étaient forcément un exemple, pour les
futurs mariés de la famille, si un cousin ou une cousine venait à se marier, il devait rencontrer nos parents avec
sa ou son future conjoint. à partir de 10 ans, j'assistais souvent à ces "cérémonies" sans tout forcément
comprendre mais je me souviens encore la question systématique de ma mère : "Mais vous l'avez déjà fait ?" Au
début, je ne savais pas ce qui se cachait derrière cette question mais j'avais remarqué que systématiquement cette
question faisait rougir les futurs époux qui commençaient à bégayer. Leurs phrases devenaient moins claires et
c'est souvent à ce moment où l'on me demander d'aller dans ma chambre. Au début, je ne cherchais pas à en savoir
plus même si cela aiguisait ma curiosité.
Quand le nombre de cousins potentiels à cet interrogatoire a commencé à diminuer, mes parents se sont proposé pour
être famille de parrainage pour la paroisse. Leur interrogatoire restait le même. Je ne savais pas, je n'y portait
aucun jugement, sauf que quand j'ai eu 14 ans, toujours curieuse à savoir ce qui se cachait derrière "Mais vous
l'avez déjà fait ?". J'ai demandé à une copine qui semblait beaucoup plus débrouillarde que moi qui m'a clairement
répondu : l'amour, la baise ! (l’amour pour moi était encore quelque chose de très catholique, l'amour du
seigneur...). Comme le "point" fort de mes parents était d'inviter les futurs époux à la maison pour montrer leur
belle et grande famille exemplaire, juste avant de commencer leur interrogatoire après le repas, j'ai espionné,
une fois et dernière fois ! On avait droit à tous les détails, si les deux personnes jouissaient, les
positions... j'en ai été choqué de découvrir que les missionnaires apportant la bonne parole (que j'étais niaise)
avaient aussi une position très célèbre ! Choquée mais sans plus, je ne vais pas dramatiser mais cela a été le
point de départ de mon éloignement avec la religion. Tout devenait pour moi que superstitions idiotes, ce buis
béni censé nous protéger du malheur, et pourquoi pas des pattes de corbeau ? Mais, cela a commencé à être le
début de ma période gothique. Au début, c'était juste m'habiller en noir de la tète au pied. Rien de plus, pour
rester à la limite qu'acceptaient mes parents.
Le pire est survenu quand j'ai eu 16 ans, ma mère voulait savoir si j'avais un petit ami, et si cela était vrai,
que je devais respecter les paroles de Jésus, ne pas tomber dans le pêcher, l'abstinence prônée par le pape,
etc... Quand j'ai eu le malheur de lui dire que j'avais un copain (avec qui on avait rien fait), l'inquisitrice
est sortie au grand jour : mais qu'est-ce que l'on fait ensemble, est-ce qu'on l'avais fait ? Je lui mentais, je
disais oui, les questions devenaient de plus en plus précises et je manquais d'imagination. Ma mère ne me croyait
pas, mais au lieu de découvrir la vérité (que c'était juste un amour platonique), elle s'enfonçait dans un délire
obscène et elle a sévit : privée de sortie ! Cela m'a révoltée, j'ai essayé de lui dire que je n'avais rien fait,
mais ma mère, que soutenait mon père ne voulait plus rien entendre !
Alors que j'en étais qu'à une forme de gothique très soft, j'y suis allée de plus en plus fort, tout en me
débrouillant pour financer tout ça, et surtout au début, en passant chez une copine pour me changer chez elle.
La jupe est devenue en cuir de plus en plus courte, j'ai porté des bas avec porte-jarretière, les bottes... Puis,
un haut en cuir laissant voir le nombril qu'il a fallu décoré ! Mon premier piercing. Facile, je pouvais
facilement le cacher à mes parents. Puis, je me suis fait faire un piercing sur la langue, horrible, j'ai eu
beaucoup mal, mais c’était logiquement un endroit que je pouvais aussi cacher à mes parents, ils n'ont jamais du
s'en apercevoir. Je n'avais que 16 ans mais je peux vous dire que c'est très simple de trouver un perceur. Pour
la suite, cela a été plus difficile. J'ai fait faire un troisième piercing à mon oreille gauche, il se voyait,
je pensais que mes parents l'accepteraient, car très soft mais ça n'a pas été le cas. Il me fallait donc trouver
un zone cachée pour continuer mon délire. J'ai trouvé assez vite, mais j'ai longtemps hésité. C'est le lendemain
de mon anniversaire de 17 ans et surtout le superbe cadeau de mes parents (un don, en mon nom, mais avec
l’argent de mes parents, au secours catholique - puisque qu'avec mon piercing à l'oreille gauche, j'avais offensé
le seigneur), que j'ai décidé de le faire. Ce n'était pas évident, car malgré mon look gothique, mon éducation
avait fait que je n'avais jamais couché avec un garçon, je ne m'étais jamais montrée nue devant quelqu'un d'autre.
Et pour mon nouveau piercing, il allait falloir montrer un sein au perceur. Mais, j’étais tellement en colère que
celle-ci a dominé par rapport au sentiment de honte qui était présent en moi. Je me suis faite posée une anneau
sur le téton droit. C'était aussi un endroit caché, sans grand intérêt si je ne le montrais pas. Et un mois après,
je me faisais poser un second anneau sur l'autre téton.
Après, j'étais bien ennuyé, j'avais toujours envie d'avoir de plus en plus de piercing mais tout en pouvant les
cacher facilement. Pas de possibilité de faire un piercing aux sourcils, aux lèvres ! C'est là que j'ai eu une
nouvelle idée, j'ai beaucoup hésité une nouvelle fois, ce n'était plus qu'une sein à montrer, mais mon intimité :
pour un piercing au sexe, au clitoris, au capuchon du clitoris, extactement ! J'en ai parlé à une copine qui a
bien ri de moi, je n'étais même pas épilée. Qu'à cela ne tienne ! Epilation par moi même et je me présente chez le
perceur. Je me contente de relever ma juste et d'écarter ma culotte sur le coté, essayant de cacher le maximum.
Mais je perceur me dit qu'il ne peut pas travailler dans ces conditions, je dois enlever ma culotte et il me
demande de m'asseoir, les jambes bien écartées. J'étais bien ennuyée mais sur le coup, je n'ai pas trop réfléchi,
j'ai fait ce que l'on me demandait. Ensuite, c'est allé assez vite, il a pris un morceau de chair, il a passé
l'aiguille, ça m'a fait mal mais 10 secondes plus tard le piercing était en place. J'ai essayé de remettre ma
culotte mais ce n'était pas très agréable, ça me faisait mal. Et en fait, j'ai découvert que c’était très
agréable de rester sans culotte.
Le pire, c'est que je n'en suis pas restée là. J'étais toujours vierge, j'avais fait ce piercing au clitoris,
pas par envie d'avoir plus de plaisir pendant la pénétration, mais parce que je cherchais un endroit caché et que
j'en avais entendu parlé. Cela dit, c'est quand même bon de se masturber en faisant aller les petites boules du
piercing contre son clitoris. C’était une nouvelle dérive, je ne portais plus de culotte, mais paraxodalement,
même avec mon attitude provocante, je ne cherchais pas à baiser, j'étais toujours vierge, bien qu'auprès de mes
copains et copines, je prétendais le contraire (toujours à essayer de provoquer). Je n'ai pas pu m'empêcher de
continuer, nouvelle cible : les lèvres de mon sexe, avec des petits anneaux...
C'est deux mois avant mes 18 ans, j'ai vu le comble, je n'arrivais pas à dormir, j'ai entendu du bruit dans le
salon, j'ai ouvert la porte et j'ai vu mon père se masturber devant un film porno. Très vite, il s'est caché
mais c'était la goutte d'eau qui faisait déborder le vase, cette famille modèle, catho, qui m'empêche de vivre !
Tout ça n'était que foutaise ! J'ai attendu patiemment pendant ces deux mois, j'ai préparé mon déménagement, mes
quelques peluches, habits, mes affaires d'école, car même si j'avais séché quelques cours pour mes piercings,
pour aller m'acheter mes habits (les cours de latin, essentiellement, ce n'était pas trop grave), j'ai passé mon
bac sans trop de soucis avant d'entreprendre un BTS. Puis, le lendemain de mes 18 ans, j'ai téléphoné à une
copine qui avait déjà le permis pour venir me chercher, j'ai attendu que toute la famille soit réveillé et
réunis pour le petite déjeuné, je n'ai mis que mes bottes, j'ai pris ma veste en cuir, et je me suis présentée
nue, avec tous mes piercings devant la famille. Je me rappelle avoir scandé : "regardez moi bien et réfléchissez !"
Mon père s'est levé et m'a hurlé "repart dans ta chambre et enlève tout ça !". Je suis sortie de la cuisine, mais
c'était pour sortir dehors nue, pour me montrer à tous les voisins (il n'y en avait pas beaucoup dehors) et je
suis montée dans la voiture ! Ma copine m'a dit que j'étais folle, on aurait pu porter plainte contre moi pour
exhibitionnisme. Mais c'était juste pour jeter le discrédit sur ma famille.
A partir de là à commencé une vie assez folle : avec l'aide de la justice, j'ai obtenu une pension alimentaire et
j'ai vécu un certain chez des copines. Celles qui avaient aussi pris leur indépendance, et qui parfois galèraient,
ayant arrêté les études, elles étaient livrée à elle-même ou parfois au pire, en s'attachant à un petit copain
très macho pour rester correcte. Ce n'était pas simple pour moi, mais en me rattachant aux études, j'avais là ma
seule chance d'avoir de l'argent pour subvenir à mes besoins. Si je prouvais que je suivais avec succès des
études, l'argent de mes parents me parvenait sans problème. Cela ne m'a pas permis de trouver un logement la
première année, j'ai donc du squatter chez des copines qui n'avaient souvent qu'un petit studio avec leur mec. Ce
qui posait parfois des problèmes car soit je les gênait dans leur vie sexuelle, mais il est arrivé plusieurs
fois que le petit copain ait des idées qui ne me réjouissait pas et qui ne réjouissait pas la copine. Pour essayer
d'y couper, je disais que j'étais lesbienne, si ça ne marchait pas, je n'avais plus qu'à trouver une autre squat.
Sauf qu'une fois, le mec a été plutôt violent, pas dans les geste mais dans les paroles, j'ai eu assez peur et la
"copine" ne disait rien ! J'ai essayé de sortir de cette situation en lui montrant mon sexe, j’étais toujours
vierge, pour moi c'était une preuve que je ne couchais pas avec les garçons ! Sauf, que bien sur, je m'étais vanté
bien auparavant d'avoir eu des tas d'expériences sexuelles, expériences qui ne pouvait pas avoir eu lieu avec des
garçons ! Et comble du désespoir, la copine qui ne disait rien, c'était normal, car elle était partante pour une
partie à trois, elle me voulait moi ! Je m'y vois encore, la jupe relevée, la zézette à l'air devant ces deux là.
La "copine" est venue vérifiée, elle m'a écarté les lèvres. Je l'ai laissée faire, mais je n'ai pas vu arrivé son
coup de langue sur le sexe. J'ai eu un mouvement de recul, mais elle a insisté en me rappelant mes "histoires"
(qui n'était que pure affabulation de la part). Elle m'a allongée, je me suis laissé faire, j'étais complètement
idiote de m’être laissée prendre à mon propre jeu. Cela dit, ce n'était pas désagréable, j'ai même joui,
expérience que je ne connaissais que sous mes mains expertes. Là où ça s'est corsé, c'est quand elle a pris ma
tète pour me l'amener sur son sexe. Je l'ai fait mais je n'en étais pas très fière. Après son copain s'est
occupé d'elle, sans me toucher. Je me suis endormie. Le lendemains, je faisais mes affaires pour déménager
(depuis mes premières galères, j'avais toujours une liste de replis) mais la copine m'a demandé pourquoi je
partais, elle me demandais de rester. Elle avait aimé, j'avais aussi aimé, mais je n'avais pas trop envie.
Cependant, si je restais, ça me procurait une adresse fixe pendant un certain temps, même si j'avais l'impression
de faire la pute pour me trouver un logement (mais j'avais le choix). Je crois que je suis restée car j'aimais ses
caresses buccales. Mais je ne l'aimais pas, c'était purement sexuel et pourtant, je restais vierge. Toujours
les vestiges de mon éducation, j'avais toujours en tête que je m'offrirais au premier garçon qui m'aimera et que
j'aimerai.
Quand est arrivé l'été, ces amis m'ont proposé de les suivre dans le sud de la France. Il partait faire du
camping sauvage dans le delta du Rhône. J'ai accepté mais quel surprise en arrivant : zone naturiste ! Mais ce
n'était pas désagréable. J'ai eu un peu de mal, avec mes piercings aux tétons, sur le sexe, j'ai pensé que je
serai la bête de foire, l'animal de cirque. Cela n'a pas été le cas, cela contrastait beaucoup avec mes parents,
pieux, catholiques, qui prenaient à partie la moindre personne sortant du troupeau, pas un troupeau d'agneaux,
mais de bêtes moutons. Ici, on acceptait la différence ! J'ai redécouvert la vie, et j'ai commencé à prendre
conscience de ma bêtise, de mon look gothique, mon vernis noir sur les ongles, mon noir à lèvres, mes bottes, des
habits de cuir noir, mes piercings, même si je ne pouvais pas revenir sur ce point. A la rentrée, j'ai pu
bénéficier d'une logement étudiant, j'ai compris aussi que mon look gênait mes professeurs, j'ai compris que mon
look pouvait signifiait à leur yeux que je les rejetais eux et que j'avais besoin d'eux et de leur clémence pour
les examens, le diplôme. J'ai troqué mes habits noirs pour un look plus sage, du moins pour les cours, même si
je me suis fait faire un nouveau piercing, un petite anneau sur le narine, mais cela semblait moins les déranger
que mon vernis à lèvre noir. J'ai commencé à avoir de nouveaux amis, moins gothiques, parfois pas encore très
clean (la fumette, je n'ai jamais essayé mais c'est pratiquement une obligation aujourd'hui).
Puis, je l'ai rencontré : le mec que j'aime ! Je l'ai fait patienter, histoire de vérifier que ce n'était pas que
pour une nuit. Je l'ai enfin fait, pour reprendre la funeste phrase maternelle. J'ai maintenant 23 ans, j'ai
pris beaucoup de recul avec ces années là. J'ai enlevé mes piercings aux lèvres et aux tétons, sur la narine
et la langue, ça s'est ou ça se cicatrise doucement. J'ai conservé le piercing au nombril mais en optant pour
une bijou plus classe et plus discret. J'ai aussi conservé celui au capuchon du clitoris, il m'avait beaucoup
demandé et il est vrai qu'il procure quelques plaisirs. Mais en conclusion, je voudrais revenir sur ce que
j'avais fait : le pire est que ma révolte m'a poussé à ma propre destruction... C'est à mon corps que je faisais
payer les agissements honteux de mes parents ! Je leur en veux encore aujourd'hui, mais je dois mon salut au
naturisme. Sans ce premier été au camping sauvage et surtout naturiste, la découverte d'une tolérance que je
n'avais jamais connue, je n'aurais jamais réfléchi sur ce que j'avais fait et je ne serai jamais revenu sur cette
démarche idiote que j'ai eu !