Témoignage d'Elodie

Contrairement à beaucoup d’intervenantes je ne parlerai pas de ma première fois. D’ailleurs j’en serais bien incapable. Depuis mon plus jeune âge j’ai pratiqué le naturisme avec mes parents. Nous n’avons jamais fréquenté les centres naturistes mais allions sur des plages où il fallait parfois jouer à cache-cache avec les autorités locales. Puis nous sommes allés à l’étranger, dans ce qui s’appelait encore la Yougoslavie et en Grèce où le tourisme faisant, la pratique de la nudité sur les plages est tolérée et acceptée. J’aime depuis toujours pouvoir être nue au soleil, ne pas sentir de maillot, me baigner dans le plus simple appareil, et la nudité pour moi ne me pose aucun problème : sur une plage naturiste je ne ressens aucune fausse pudeur et une incroyable liberté autant d’esprit que de corps. Par contre, j’éprouve beaucoup plus de gêne à être en maillot sur une plage textile ; car selon moi il y a plus de voyeurs sur ces plages que sur celles des naturistes. Et il faut bien dire que certains maillots ou strings sont bien plus impudiques qu’un corps nu libéré de toutes ses entraves. De même, dans la rue je ne suis jamais en mini-jupe et ne porte pas non plus de décolletés profonds : on pourrait me croire prude, et en quelque sorte je le suis.

Mon témoignage s’axera plutôt sur l’analyse que je fais des hommes face au naturisme par rapport à ceux que j’ai rencontré. Je ne suis pas une collectionneuse, ni une fille facile, mais lorsqu’un rapprochement se faisait avec un garçon, il arrivait que la rupture soit très rapide si je voyais que pour lui l’option naturiste n’était pas possible. Car je ne conçois pas devoir être en maillot tout l’été, comme je l’ai déjà dit, j’aime trop le naturisme et les plaisirs de bien être qu’il procure pour m’en passer. Je souhaitais être nue durant mes vacances. Or tout les hommes ne l’acceptent pas.

Parmi les garçons que j’ai connu, il y a tout d’abord ceux qui ne pourraient supporter que leur nana soit nue en public à la vue de tous. Ils disent que pour eux se mettre nu ne pauserait pas de problème « mais toi je ne veux pas que tu te mettes nue devant n’importe qui ! Tu es à moi et ton corps, tu le garde pour moi, pas pour les autres !» Je coupai court très rapidement à ce genre de liaison estimant que cette possession de ma personne entravait dangereusement ma liberté.

D’autre refuse catégoriquement la nudité en commun pour de fausses raisons. Il y avait ce garçon par exemple qui me dit : « Je n’oserais jamais aller sur une plage nudiste, j’aurais trop peur d’être en érection ». Peut être s’agissait-il d’une certaine pudeur, lui qui m’avait montré triomphalement son membre circoncis, ne voulait pas le dévoiler à d’autres hommes et femmes sur une plage. Ou comme cet autre qui avait une aversion exagéré contre les homosexuels. Tout d’abord je ne comprenais pas pourquoi il refusait de se rendre avec moi sur une plage naturiste familiale où il ne rencontrerait pas d’homo. Jusqu’au jour où j’ai compris que le seul fait de voir d’autres sexes d’hommes nus le dérangeait et faisait ressurgir immanquablement chez lui son homophobie. C’est difficile a expliquer ou à concevoir, mais ses préjugés allaient jusque là. A partir de ce moment là, j’ai considéré que son degré d’intolérance était contraire à ma façon de penser et de vivre.

Un autre des mes amis a accepté tout de suite et sans réfléchir de me suivre sur une plage naturiste. Tout allait donc bien. Mais arrivé sur la plage, j’ai du vite déchanter. Il se déshabilla sans sourciller. J’ai remarqué qu’il était en pleine érection et ne faisait rien pour la dissimuler. Il passa un bon moment à mater les filles qui se trouvaient sur la plage. J’essayais de lui recommander de se retenir, que nous étions sur une plage naturiste et non pas dans un lupanar. Rien n’y fit. Même, dans l’après-midi il commença à me ploter et m’invita à passer derrières les dunes. Je le rembarrai prestement et écourtai notre séjour sur la plage. Par la même occasion, je mis fin à notre relation.

J’étais un peu désemparé fasse à mes recherches infructueuses de trouver un compagnon naturiste comme moi. J’avais 23 ans à ce moment là. Je travaillais comme infographiste dans une grosse entreprise. Il y eu un séjour professionnel organisé à la fin du printemps à La Rochelle. Je connaissais un cadre de l’entreprise, Hervé, depuis mon arrivée dans la boite. Nous avions sympathisé. Comme le voyage était organisé entre cessions de travail et cessions de détente et de visite, nous avons eu tout loisir de mieux nous connaître. Il était très net qu’Hervé me draguait, mais de façon très discrète et très délicate. Je n’étais pas insensible à son charme et au fur et à mesure de nos discutions il me sembla que nous partagions beaucoup de point en commun. Pour autant, je ne lui dis rien de mes aspirations naturistes.

Tant et si bien que je cédai à ses avances. Là encore, une bonne surprise m’attendait : il faisait très bien l’amour. L’entente d’un couple se fait par le rapprochement des pensées, des goûts mais également par la satisfaction physique. Or avec lui elle était totale.

Restait à le mettre à l’épreuve de mon goût pour le naturisme. Je décidai de jouer le tout pour le tout. Le week-end suivant ce voyage, je lui proposai un séjour dans la maison que me prêtait une tante près de la côte atlantique. Il faisait très beau et le lendemain de notre arrivé nous sommes allés à la plage. Après avoir garé la voiture, je l’ai guidé vers la plage naturiste que je connaissais. Lorsqu’il a vu que tous étaient nus il m’a dit « Mais, c’est une plage de nudistes... » « Ou de naturiste, oui, ça te gêne ? » « Non, non... » Il me suivit donc et se déshabilla en même temps que moi. Je dus constater qu’il avait un début d’érection, mais contrairement à l’un de mes précédents compagnons, il n’étalait pas sa virilité et alla rapidement se baigner pour dissimuler son membre qui se redressait. J’aillais le rejoindre dans l’eau et il me dit ces mots qui me firent grand plaisir : « Excuse moi pour mon inconduite, je sais qu’une érection sur une plage naturiste et mal venue. Ce n’est pas la première fois que je me mets nu sur une plage, mais là je ne sais pas pourquoi... peut être l’effet de la surprise ».

En finalité, lorsqu’il sortit de l’eau, il n’était plus en érection et lorsqu’il regardait la plage, ce n’était pas en tant que voyeur. Il semblait se trouver bien là, caresser par les rayons du soleil, tout aussi bien que moi. Avais-je trouvé la perle rare.

Oui, puisqu’aujourd’hui, j’ai trente ans, nous ne nous sommes pas quittés, je me suis marié avec lui il y a trois ans et nous avons un petit garçon de 4 ans. Nous vivons un naturisme épanoui et heureux. Dès l’été de notre rencontre nous avons décidé de faire un séjour dans un camping naturiste. J’ai alors découvert le plaisir de ne pas avoir à se rhabiller pour quitter la plage, à ne pas avoir de contrainte vestimentaire pour aller prendre sa douche au bloc sanitaire. Par contre, pour faire des courses à l’épicerie du centre, je mettais au minimum un paréo, un petit blocage que je ne peux pas expliquer. Depuis nous passons l’essentiel de nos vacances dans des villages ou des centres naturistes.

Aujourd’hui nous avons la chance d’avoir une maison et un jardin sans aucun vis-à-vis. Il est quasiment impossible de voir ce qui se passe chez nous. Cela nous permet d’être nus lorsque le temps le permet. Et pour ma part, j’ai la grande chance de travailler chez moi en tant qu’indépendante toujours en tant qu’infographiste. Je me rends chez mes clients épisodiquement, mais la plus grosse partie de mon travail se fait à domicile. Très souvent, lorsqu’il fait chaud, je travaille nue et je vous assure que c’est bien plus agréable de s’épargner les contraintes vestimentaires qui collent à la peau.

Il y a quelques temps, j’ai du recruter une collaboratrice pour m’épauler. Je savais que ma liberté serait entravée mais je n’avais pas vraiment le choix. Par chance, dans le centre où nous séjournions l’été dernier, nous avons fait la connaissance d’une jeune femme, Karine (elle a 23 ans) naturiste comme nous et ... débutante dans le DAO. Exactement ce que je recherchais. Je lui proposai le poste. Comme elle apprécie plus être nue qu’habillée, nous nous mettons à l’aise chez moi et l’ambiance est tout aussi studieuse qu’agréable.

Mon mari, Hervé, lui travaille en entreprise. Il n’a donc pas la possibilité de vivre comme j’ai la chance de pouvoir le faire. Aussi, lorsqu’il rentre du boulot, il a pris l’habitude de quitter rapidement ses vêtements. Je craignais un peu le fait que ma collaboratrice soit nue dans la maison et que mon mari le soit également. Mais en parfait naturiste, cela n’a posé aucun problème.

J’aime Hervé, car il m’a apporté tout ce que je pouvais désirer : une vie de famille, un enfant, un respect et tout son amour. Et cerise sur le gâteau, il partage la passion qui était si importante lorsque je l’ai rencontré : le naturisme. Nous le sommes toujours, plus que jamais, j’y éprouve plaisir et plénitude et notre fils l’est déjà.

Bises à toutes


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