Bonjour, je voudrais d'abord féliciter ce blog, il a le courage d'exprimer des choses qu'il n'est
pas courant de dire. J'aime surtout le témoignage de Fabienne qui a fini par accepter son homosexualité. Et cela me touche beaucoup car j'ai eu beaucoup de problème, pas pour m'assumer moi, mais vis-à-vis de mes parents.
Je suis originaire d'un petit village de l'Allier, 325 habitants (à l'époque). Parents agriculteurs, catholiques. Trois grands frères et je suis la petite dernière. J'étais la préférée de mon père au grand désarroi de mes frères qui trouvaient mon père très injuste. J'ai du en profiter beaucoup trop mais enfant, on ne mesure pas tout l'effet de nos gestes. C'est vrai qu'il devait y avoir une grosse part d'injustice car j'ai été la seule à commencer des études. Mes frères travaillent (ou doivent encore travailler) à la ferme familiale.
Pendant des années, ma mère, mon père n'arrêtaient pas de m'ennuyer : "t'as un p'tit copain, quand est-ce que tu nous le présentes", avec parfois des remarques cruelles de la part de les frère "mais, elle ne peut pas , parce qu'elle est gouine..." et il n'est pas difficile de comprendre la réaction hostile de mes parents face à cette idée. Au début, ça ne me choquait pas car, j'avais encore du mal à m'assumer entièrement, j'avais bien un penchant pour les filles, les garçons, je les trouvais, on va dire, idiots ! En terminale, une fille du pensionnat, Agnès, était complètement impudique, elle sortait de la douche avec une simple serviette et venait rejoindre notre chambre de quatre pour se changer à poil devant nous, en prenant tout son temps, parfois même en entamant une conversation en restant à poil. Elle avait de jolis seins mais jamais je n'ai osé lui dire qu'elle m'attirait. Elle est donc restée un fantasme pour moi, de toute façon, je n'avais pas le choix, il fallait que je cache mes sentiments.
En fac à Lyon, cela s'est passé différemment. J'avais plus d'autonomie. J'ai donc commencé à sortir avec une fille. C'était vraiment un amour très fort, on ne pouvait plus se séparer. Mes parents tenaient à ce que je revienne à la ferme au moins une fois par mois et ces week-ends devenaient cruellement de plus en plus long. J'ai monté un plan : mon amie viendrait avec moi en tant que bonne copine de fac ; on ne dirait absolument rien à mes parents. Seulement ma mère a insisté pour que ma copine soit dans une chambre à elle (en fait, la chambre de mon frère le plus jeune), "une invitée, on la respecte". J'avais insisté pour que l'on dorme toutes les deux dans ma chambre, entre filles, il n'y avait pas de problème mais ma mère est têtue : "On ne reçoit pas une invitée comme ça !" Elle avait mis les petits plats dans les grands, sorti l'argenterie, la totale !
Pendant le premier repas, on a eu notre lot de questions sur les garçons, à la fac... Bref, je déployais un effort d'imagination pour donner des réponses. Le soir, j'avais convenu, comme dans les mauvais films de Louis de Funès, que mon amie viendrait me rejoindre sitôt que tout le monde serait dans leur chambre. Sauf, que le lendemain matin, mon frère est allé frapper à la porte de sa chambre et il n'y avait pas de réponses puisque mon amie dormait avec moi dans ma chambre. Il a ouvert et a vu que le lit n'avait même pas été défait.
Il n'a rien dit sur le coup, mais il a commencé à nous faire des réflexions désagréables pendant le petit déjeuner, comme "la nuit a été dure", etc, etc... Mais je ne comprenais pas ses réflexions. Au repas du dimanche midi, mon plus grand frère a commencé à sérieusement draguer ma copine. Ca m'a rendu très nerveuse et j'ai eu une réflexion désagréable "qu'est-ce qu'elle irait faire avec un bouseux comme toi !" Et là, c'était l'explosion car mon grand frère trouvait injuste de ne pas avoir fait d'étude alors que j'en profitais. Bizarrement, mon "petit frère" (même s'il est plus âgé que moi) n'a rien dit de sa découverte matinale, je ne me doutais pas encore qu'il avait découvert notre secret.
Mais, c'est le soir, en rentrant sur Lyon, j'ai eu ma mère au téléphone. Elle avait un ton très froid : "Tu n'es plus notre fille, on mettra tes affaires chez ta tante Denise, tu les récupèreras quand tu veux..." Deux jours après, j'ai reçu une lettre de mon père qui expliquait tout ce que mon frère avait compris ! Rupture totale avec ma famille, j'étais effondrée. Plus d'argent. Ma copine m'a hébergée chez elle, j'ai trouvé un boulot pour payer mes études, enfin, ce que j'ai pu faire car dans ces conditions, ce n'était pas très facile. Depuis, je n'ai jamais revu mes parents.
Quatre ans après, je ne m'étais toujours pas remise de cette affaire. J'aurais du mal à m'en remettre. Mais, ça devenait de plus en plus lourd à supporter pour moi. J'étais toujours avec mon amie mais j'ai commencé à lui faire des infidélités. Je suis sortie avec des garçons, avec plus ou moins de succès, je pensais, j'imaginais, que si je revenais à la ferme familiale au bras d'un garçon, je retrouverais l'amour parental. Tout ce que je suis arrivée à faire, c'est de perdre ma copine. J'ai habité avec un mec mais après 6 mois de train-train : le coup de queue du samedi soir, aucune marque d'amour, je suis partie. J'ai quitté Lyon pour monter à Paris. J'ai trouvé un poste de caissière dans une boutique des Ulis, un petit studio dans une tour. Pas trop cher mais trop cher pour ce que c'était et les voisins étaient "violents". Pas des arabes, non ! Une bonne famille française, bien facho, qui profite du RMI et autres allocations mais qui râlent qu'ils en ont pas assez : "tout l'argent est donné aux noirs et aux arabes !". Ils avaient 6 enfants et quand je rentrais le soir, je voyais souvent leurs enfants dans le couloir, à trainer. Quand je suis arrivée dans cette tour, la plus grande n'avait que 11 ans et ses frères et soeurs suivaient, un tous les ans.
J'ai supporté ce manège pendant 6 ans quand même. De toute façon, j'étais seule, je pensais que mes problèmes étaient déjà assez grands comme ça. Que je n'avais pas à supporter les problèmes de la Terre entière. Mais un soir, j'ai retrouvée leur grande fille affalée dans la cage d'escalier. Elle devait avoir fumée ou picolée et elle s'était faite dessus. Complètement à la masse. Je la voyais sortir avec des loubards du quartier. Je n'avais pas trop de mal à comprendre que ce n'était pas du tabac qu'elle avait fumé. J'ai voulu l'aider à renter chez elle mais elle a totalement disjoncté en arrivant sur le pallier. Elle ne voulait pas renter chez elle. J'ai pris la décision de la faire renter chez moi, lui faire prendre une douche, le temps qu'elle retrouve ses esprits. C'est quand je l'ai déshabillée pour la mettre sous la douche que ça m'a fait drôle, elle ressemblait tant à l'Agnès que j'avais connue au Lycée. La même peau très blanche, pratiquement transparente, on voyait ses veines bleues sous la peau. Ses cheveux très noirs, ses seins en poire. Elle me faisait très envie. De plus comme elle était incapable de se laver par elle-même, je l'ai donc lavée en la frottant partout, sa peau était douce. Je venais de connaître 6 ans d'abstinence, mais je ne pouvais pas. En tant que fille, je pouvais me permettre de la laver, aucun reproche ne pouvait m'être fait mais je ne pouvais pas aller plus loin. Et de toute façon, elle n'était pas en état, son haleine puait l'alcool... Impossible !
Après l'avoir lavée, je l'ai installée dans mon lit, elle s'est endormie rapidement et j'ai regardé la télé en la regardant dormir. Elle était belle. J'avais regardé si elle avait des traces de seringue mais elle était clean. Quand elle s'est réveillée, elle avait un peu repris ses esprits et m'a remerciée. Elle a insisté pour que je dorme avec elle dans mon lit. Mais c'était dur.
Les semaines suivantes, elle revenait me voir fréquemment : elle me racontait sa famille, la misère... Puis doucement, elle s'est rapprochée de moi, elle a de moins en moins fréquenté ses copains. Je lui ai laissée les clefs de mon studio pour qu'elle ne traine pas dans la rue. Cela a pris du temps avant que je prenne cette décision car j'avais imaginé qu'un jour, je me serai retrouvée avec toute la bande dans mon studio. Elle avait un visage d'ange mais je ne savais pas encore si elle cachait un démon. Un soir, je l'ai retrouvée en pleur chez moi. Une fois de plus son père avait été violent et elle avait fui. Elle s'était réfugiée chez moi. C'est la fois où elle m'a demandé si elle pouvait venir habiter chez moi. Ce que j'attendais secrètement depuis trois mois. Je n'osais pas encore la draguer ouvertement mais notre vie s'organisait. On dormait ensemble mais entre deux bonnes copines. On a commencé à prendre nos aises, sortir nue de la salle de bain était devenu courant mais avant de nous coucher, on mettait systématiquement une robe de nuit.
Un soir, en sortant de la douche, elle était restée nue sur le lit. Ca ne lui était jamais arrivé. J'avais envie, je me suis donc allongée nue à coté d'elle. J'attendais sa réaction. Je savais qu'il allait se passer quelque chose mais qu'il ne fallait pas que je prenne l'initiative. Elle est venue poser sa tête contre mon sein. Je l'ai prise dans mes bras et j'ai commencé à la caresser. Elle se laissait faire et ce fut notre première nuit d'amour. Elle avait encore 17 ans, j'avais déjà 28 ans mais ce fut formidable. Le lendemain matin en me réveillant, elle n'était plus là. Je me suis posée beaucoup de questions, ses affaires étaient encore là. Je ne commençais pas le travail avant 11h00 du matin. Est-ce qu'elle s'était offerte en guise de cadeau d'adieu ? Je me posais plein de questions mais je l'ai entendue ouvrir la porte. Elle m'avait empruntée de l'argent pour aller chercher des croissants. Elle m'a dit : "j'ai toujours rêvé de ça ! J'ai toujours rêvé d'un petit déjeuner au lit après une nuit d'amour" Je lui ai demandée si elle n'aurait pas préférée avec un garçon ? "Non ! Au contraire..." m'a-t-elle répondu simplement. Elle allait sécher ses cours du matin mais on a pris le petit déjeuner aulit. J'étais heureuse, elle était heureuse ! Nous étions sur un petit nuage.
Après ses 18 ans, nous avons déménagé pour qu'elle rompe enfin totalement avec son entourage familiale. Nous ne sommes pas allés très loin mais ça suffisait. Ca fait maintenant 4 ans que l'on est ensemble. Nous sommes pacsées et nous sommes très heureuses.
Voilà c'était notre histoire d'amour, je tenais à la partager avec d'autres personnes. Je ne sais pas comment on publie sur Internet mais j'aimerais que mon histoire soit publiée. Secrètement, j'espère qu'un jour mes parents se souviendront de moi et qu'ils découvriront que je suis heureuse et qu'ils me comprendront.
Réponse de Fabienne :
Je suis touchée mais je ne peux pas faire grand chose pour toi. Je ne mets que le pseudonyme ou le prénom mais
jamais le nom de famille, tes parents ne trouverons pas ton histoire sur internet facilement. Puis, le site est
dédié à la nudité féminine, j'aimerais t'aider car ton histoire est touchante. Bises, Fabienne.
Réponse de Clémence :
Oui, excuse-moi, mon histoire est tellement chargée d'émotions pour moi, que j'ai oublié de t'expliquer ce qui nous rattachait au naturisme. Nous avons déménagé fin juillet 2003, l'année de la canicule où il faisait très chaud sur Paris. En préparant les cartons, on était en sueur. On prenait une douche pour se rafraichir avant de continuer à ranger les cartons. Finalement, on s'est mise à poil pour éviter de trop souffrir de la chaleur. Ce n'est pas la cause profonde de notre rapprochement au naturisme mais je pense que c'est quand même l'élément déclencheur. Après le déménagement, on n'est pas spécialement resté nue dans le nouvel appartement, qui a de plus un vis-à-vis. Mais, si on ne s'était pas mise nue cette fois-là, pour travailler à ranger nos cartons, on n'aurait jamais osé aller ensuite sur une plage naturiste.
Le Week-end du 15 août, on est descendu à la mer pour passer trois jours à Agde. C'était nos premières vacances à toutes les deux. Elle voyait la mer pour la première fois. On était excitée comme des puces et on ne pouvait pas s'empêcher de s'embrasser en public. Et on a eu le droit à des réactions homophobes : "vous n'avez qu'à aller chez les nudistes pour faire vos saloperies". On ne s'était pas mise nue en public, juste rouler une pelle.
On était un peu déçue de cette réaction homophobe. On ne savait pas quoi faire. J'imaginais mal trois jours de vacances en ne se faisant pas de bisous. Aller au quartier naturiste ? Finalement, pourquoi pas ? Peut-être que des gens "hors normes" accepteraient d'autres personnes "hors norme". Mais, gros problème : il faut se mettre nue devant d'autres personnes. On savait que c'était agréable, entre nous deux, ça ne nous dérangeait pas du tout. Mais quand même, se mettre à poil en public. Ce n'était pas dans mon éducation. Et quant à mon amie, elle avait envie d'essayer, rien que pour voir !
Déjà, grosse surprise : il faut payer un droit d'entrée à un guichet avec une personne pour rentrer dans le quartier naturiste. C'est mon amie qui s'en est occupée car je ne pouvais pas, un peu la honte pour moi. Puis, on a traversé le quartier, quelques personnes à poil mais finalement, beaucoup de textiles comme nous. Sur la plage, je n'ai pas trouvé que la proportion de naturistes était énorme. Mais mon amie s'est mise nue et a insisté pour que je fasse de même. Je me suis mise nue mais je n'étais pas à l'aise. Ce qui m'a dérangé le plus, c'était le fait de passer nue au milieu des gens, pour aller se baigner ou prendre une douche après. Rester sur ma serviette ou me baigner, ça allait bien mais je n'aimais pas marcher nue devant toute le monde. Il y avait quand même un très bon point : on pouvait s'embrasser sans avoir un "bon père de famille" venir nous faire des remontrances. Puis, le bain, c'est vraiment très agréable. Je l'ai lu partout, mais c'est vrai. C'est incomparable avec un bain en maillot. Et question bain de soleil, il n'y a pas photos non plus. Mon amie avait beaucoup moins de problème que moi.
Le lendemain, c'était notre dernier jour et on est retourné dans la quartier naturiste. Ce n'est pas que j'appréciais d'être nue mais c'est surtout qu'on nous tolérait. En fait, cela a beaucoup plu à ma copine qui a tenu à ce que nous visitions le quartier toute nue. J'étais vraiment très gênée, mais supportable quand même.
L'année suivante, mon amie avait trouvé du travail et on pouvait se payer une semaine de vacances. On aurait aimé grand hôtel, piscine paradisiaque au bord de la mer mais nos finances nous limitaient. Je ne tenais pas à aller dans une structure naturiste, je ne me considérais pas comme naturiste mais il faut avouer que cela avait plu à mon amie et qu'elle avait envie d'aller plus loin. Elle nous a trouvé un bungalow dans un camping avec une grande piscine dans le sud de la France, mais ce n'était pas au bord de la mer mais dans notre budget. Comme on n'a pas de voiture, on a pris le TGV jusqu'à Aix en Provence et le proprio du camping est venu nous chercher à la gare. Un peu bizarre le type mais en fait, c'est surtout sa femme qui s'occupe du camping et qui est charmante.
En fait, cela s'est mieux passé qu'au Cap d'Agde. Là bas, j'avais l'impression d'être une exhibitionniste, je croie que c'est ce qui le définit le mieux. Mais dans ce camping, c'est venu beaucoup plus naturellement. On a fait connaissance avec une famille naturiste, qui nous a bien aidé car on n'avait pas de voiture et faire les courses au camping nous aurait coûté une fortune. Des gens vraiment très bien car en leur présence, je n'osais afficher notre homosexualité devant eux, surtout devant leur fille qui n'avait que 16 ans. Mais ils avaient bien compris et ils nous l'on demandé tout simplement. La dame s'est même mise à pleurer en écoutant notre histoire. Je pense que la présence dans leur entourage de deux jeunes filles assez jeunes les a aussi assez aidés vis-à-vis de leur fille. Ca faisait une semaine qu'ils étaient au camping et leur fille leur faisait la gueule, elle ne voulait plus se mettre nue devant des "vieux". Entre mon amie et leur fille, il n'y a que quelques années de différence et le courant est très bien passé (j'ai veillé au grain quand même). Mais, c'est une relation de petite soeur à grandes soeurs qui s'est établie entre nous. Elle ne nous quittait plus, j'aurais aimé plus d'intimité parfois. Je pense que la mère a vu que ça me gênait et que c'est pour ça qu'elle nous a demandé si on était lesbienne. Ca a permis de faire passer le message et ensuite nous avons pu reprendre nos habitudes devant leur fille. C'est même eux qui nous ont raccompagné à la gare TGV avec leur camping-car.
Depuis, nous sommes en contact avec eux et nous partons ensemble dans des campings naturistes. Ca nous permet de faire des économies, nous louons ensemble un seul emplacement et nous plantons une tente à coté de leur camping-car. Ca nous permet de partir 15 jours au lieu d'une semaine. Nous partageons les frais pour la nourriture et les tâches ménagères. J'ai l'impression d'avoir retrouvé une famille.
Quant à ma vraie famille, je n'ai plus qu'un contact avec une tante. Quand notre histoire sera publiée, je lui enverrai l'adresse du site. Elle trouvera peut-être le moyen de glisser un mot à mes parents. Ce n'est pas important que mon nom apparaisse sur le témoignage. De toute façon, ils me reconnaitront. Quant à ma tante, elle pourrait aussi témoigner sur ce site. C'était l'ainée d'une famille de 8 enfants et elle s'était enfuie de chez ses parents pour monter à Paris en 1956 où elle a été "dame de bonne compagnie", comme elle dit. Elle est arrivée à mettre de l'argent de coté et elle est retournée profiter de sa "retraite" dans son village de naissance, un pied de nez à sa famille. Son histoire est encore plus rocambolesque que la mienne. On dirait un vrai roman, mais parfois, je ne sais pas si elle dit vraiment la vérité. Elle vient parfois nous voir à Paris et elle me fait sourire quand elle nous dit que si elle avait notre âge, elle n'hésiterait pas une seconde pour aller avec une fille. A 72 ans, elle est bien plus ouverte d'esprit que le reste de ma famille qui la considère aussi comme une paria.